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27 juillet 2008

J’AI TESTE POUR VOUS : LA GRANDE ROUE, PLACE BELLECOUR

Après un sympathique dîner dans le vieux Lyon, il nous prend l’envie trois amis, Dom, Pij, Marion et moi de s’aventurer sur la grande roue. Faisant fi de notre vertige nous tentons l’aventure.

Nous arrivons donc sur la place Bellecour, la plus grande place piétonne d'Europe s’il faut encore le rappeler, du côté opposé à la roue. Elle trône en face de nous tel un morceau de foire qui serait tombé par erreur dans Lyon. Son éclairage et son lent mouvement régulier viennent concurrencer la célèbre statue équestre de Louis XIV qui en est presque désarçonné, absence d’étriers oblige.

grande_roue

Nous sommes donc accueilli à l’Europa Raid, c’est le nom de la roue, par un grand écriteau « Wilkommen ». Ce sont des camarades teutons, qui ont donc installés l’engin. Ils nous saluent avec une phrase en anglais qui nous permet de comprendre instantanément qu’ils parlent la langue de Shakespeare comme des vaches espagnoles.

Nous ne relevons pas cette méprise, ne voulant en aucun cas nous fâcher avec nos voisins germains, ces amis de toujours. Mais tout de même, nous sortions d’un restaurant où la majorité de nos voisins d’outre Manche n’auraient pas osé goûter les plats, incultes de la gastronomie qu’ils sont. Passons.

Une fois le guichet passé, et pour la modique somme astronomique de 5 euros, nous prenons place à bord de la nacelle. Pour le coup, elle est étiquetée « nacelle des trouillards » puisque nous avons tous les quatre le vertige. Et, à notre grande surprise, nous nous rendons compte que les nacelles peuvent tourner sur elles-mêmes tel les tasses de Disneyland. Toutefois, nous ne sommes pas au pays de Mickey et nous nous intimons mutuellement l’ordre de ne pas faire tourner ces nacelles sous peine de sanctions immédiates pour le fautif.

La roue part, s’élève peu à peu du sol. Nous sommes peu rassurés dans la nacelle, nous avons formés des couples, je suis à côté de Marion et Dom est avec Pij. Arrivés parallèle au sol, à un quart du trajet donc, je sens une main qui s’approche de la mienne, je la prends. C’est Marion qui n’est pas très tranquille. J’essaie d’esquisser un sourire et de prendre l’air détaché en tentant d’oublier que j’ai le vertige debout sur un tabouret. Je pense que mon sourire ressemble plus à une grimace ce qui amuse beaucoup Marion et lui fait oublier un peu sa peur. Mission « homme protecteur » réussie de façon inattendue. La roue continue de monter et nous arrivons en haut. A soixante mètres du sol. Là, il faut savoir ne pas commettre l’erreur de regarder en bas car à lire 60 mètres n’est pas impressionnant mais à vivre assez. Nous tournons donc nos yeux vers l’horizon et le spectacle est assez magnifique. D’un côté on peut voir le crayon qui se dessine dans la nuit au milieu de dizaines de lumières telle une procession religieuse dans la nuit. De l’autre on devine les clochers, les grues et on peut voir les appartements encore allumés. Et face à nous, la basilique de Fourvière dont on a l’impression qu’on s’en est rapproché. On la regarde en face, et si la statue de la Vierge Marie n’était pas pour l'instant déposée sur le parvis de Fourvière, on pourrait croire que quelque chose de divin nous tend les bras avec cette impression de tutoyer les anges. On peut aussi voir la Croix Rousse et les alentours de Lyon mouchetés de lumière transperçant la nuit. Tout se passe vite et il faut tourner rapidement la tête à 360 degrés pour espérer ne rien manquer.

Je fixe alors les badauds qui déambulent dans la rue de la Ré, ils reprennent petit à petit une taille humaine au fur et à mesure que nous redescendons.

Nous arrivons finalement au plancher des vaches et sommes invités à descendre de la cabine. Nous obtempérons et retrouvons la terre familière de la place. Marion lâche ma main. Nous nous regardons tous, l’air fier comme Artaban, sans doute aussi altiers que Reinhold Messner lors de son ascension de l’Everest en solitaire. On se congratule, on se dit que « c’était pas si difficile », que « c’était moins haut que je croyais » sans pour autant avoir envie de remettre le couvert. Après, ce moment d’un haletant rare, nous décidons d’aller nous poser en terrasse où nous escomptons être reçus en héros. Finalement le serveur ne relève pas l’extraordinaire action accomplie et nous demande seulement ce que nous désirons commander. Pour se venger, nous commandons tout ce qui n’a pas dans son bar mais sentant son impatience monter nous nous contentons de quatre pintes. La morale de l’histoire est que le serveur tel Zorro gagne toujours à la fin.

François Filipek

Posté par scriblog à 23:49 - Sorties - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

contes de la rue broca

Belle chronique d'un échec annoncé!!! se léfier des fonctionnaires d'outre quevrin !!!

Posté par frometon teuton, 28 juillet 2008 à 14:36

Marie Hess c'est toi?

Posté par hihihi, 30 juillet 2008 à 18:19

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